À LA UNE

LA RESPONSABILITÉ CONTRE LES INCERTITUDES

Les années se suivent et, malheureusement, continuent à se ressembler. Faut-il parler de l’histoire qui se répète, ou plutôt d’une histoire qui manque d’acteurs, de volontés, ainsi que de forces de changement et de transformations ? La société vacille, seuls les extrêmes restent vigilants et éveillés, pour pratiquer une délinquance sans goût, sans profession et sans raison.
Dernièrement, nous constatons quelques initiatives qui peuvent alimenter l’espoir et peut-être réinventer le rêve. Mais elles sont davantage le fait de petits groupes que de vrais mouvements susceptibles d’interpeller les imaginaires individuels pour faire parler l’intelligence et l’action collective.
Le constat est inquiétant ; mais il ne pourrait jamais nous précipiter dans un pessimisme source d’inertie, de paralysie et de rêves délétères.
C’est entre ce regard et cette révolte contre l’inertie que la rentrée de ce mois de septembre doit s’inscrire, se développer et se projeter.
Si, dans son analyse, ses approches, ses questionnements, Carrefour des Cultures a toujours donné une place importante aux médias, ceux-ci restent le sujet-phare de cette année qui s’ouvre à nous. Il est de notoriété publique que leur responsabilité suscite interrogations et interpellations, étant donné le rôle central qui est le leur, et le fait qu’ils le remplissent d’une manière qui ne peut que très partiellement satisfaire. Loin de nous la volonté de nous limiter à une opposition stérilisante ; c’est bien plutôt l’esprit de concertation, de dialogue, de synergie qui aiguillera la campagne à développer.
2018 est un rendez-vous avec la démocratie locale ; l’occasion sera propice pour mettre la citoyenneté en mouvement, avec des activités conjuguant les thématiques à la une avec le sens de la démocratie et de la participation citoyenne.
Inutile de rappeler que l’immigration suscite débat, réflexion, campagne et réflexion. Au centre des débats, les acteurs du parcours d’accueil s’interrogent sur le bien-fondé de ce dernier : l’apprentissage du français, ses liens avec la citoyenneté et l’interculturalité, les forces et limites de ce parcours en matière d’intégration plurielle et inclusive.
Enfin, l’interculturalité, issue de la mobilité des hommes et des femmes, demeure un enfant non-désiré. Comment veiller sur sa socialisation, son émancipation, sa fertilité, afin que sa portée puisse être plus grande ? Le non-dialogue entre l’orient et l’occident, qui laisse la place aux armes et à la mort, soulève des défis exceptionnels, et nécessite des volontés qui donnent crédit, sens et fertilité à la rencontre des peuples et des cultures.
Entre groupes de réflexions, débats élargis, évènements grand public, nous traduirons notre volonté et notre résistance pour honorer nos engagements d’acteurs associatifs. Au centre de cette résistance, notre interpellation du tissu associatif continuera à être l’étendard de la campagne 2017-2018. De par notre conscience, seul un associatif solidaire, complémentaire, généreux, reconnaissant de l’altérité est capable de s’élever en acteur de transformation.