Oui, nous avons un gouvernement extraordinaire en Wallonie et plus particulièrement son ministre de l’Economie qui a permis la réalisation d’une grande première : unir contre sa réforme des Aides à la Promotion de l’Emploi (APE) les travailleurs et les employeurs des secteurs concernés.

Ce lundi 18 mars, 12000 personnes, syndicalistes et employeurs, sont descendus dans les rues de Namur et ont terminé leur périple face à la tribune dressée sur la Place Saint Aubain.

 Manif

 

Devant eux, les représentants de la CSC et de la FGTB qui se succédaient dans les prises de paroles ont fait place à la représentante de la Confédération des Employeurs du secteur Sportif et Socioculturel / Fesefa.

Des militants syndicaux harangués par une porte-parole patronale dénonçant le caractère « inapproprié, non concerté et précipité » de la réforme des APE, c’est du jamais vu. 
Et pourtant le gouvernement MR/CDH l’a fait.

Quelles sont les raisons de cette opposition massive ? Le ministre Jeholet ne s’en cache pas : il veut fermer l’enveloppe budgétaire dédiée aux APE dès l’entrée en vigueur de la réforme ; supprimer l’accès aux APE pour un certain nombre de services publics ; plafonner le montant des subventions et appliquer une formule de calcul qui, de l’avis général, pénalise tous les employeurs.

En résumé, le ministre libéral vise à fragiliser le secteur associatif et les services publics.

Cette réforme fait l’unanimité contre elle : le Conseil Supérieur de l’Education Permanente de la Communauté française et le Conseil Economique et Social de la Région Wallonne la dénoncent. Même le Conseil d’Etat a rendu un avis négatif sur le projet obligeant ainsi le ministre à revoir sa copie en reconduisant les projets temporaires à 100%...

On connaît l’intérêt du partenaire CDH pour le secteur associatif. Le soutien de cette formation politique à cette réforme contestable et contestée reste incompréhensible pour beaucoup et, en tout cas, pour les orateurs de la manifestation du 18 mars qui n’ont pas manqué d’en souligner le caractère « schizophrénique ».

Malgré une enveloppe budgétaire revue à la hausse, il manque encore 35 millions d’euros pour, simplement, couvrir les besoins des organismes bénéficiaires. La réforme menace donc 3500 emplois très majoritairement féminins.

Il n’y a pas, par ailleurs, d’accord sur cette réforme entre le gouvernement wallon et le gouvernement de la FWB or les subventions dans le domaine de compétence de la Communauté couvrent 45% des points du secteur non-marchand.

Enfin, le gouvernement wallon n’est, depuis peu, plus soutenu par une majorité parlementaire ce qui pourrait hypothéquer le vote précipité de la réforme Jeholet.

Tous le soulignent, il faut une réforme du programme d’aide à la promotion de l’emploi mais tous sont d’accord pour dire : pas comme ça.

J.M.Delmotte

 

Manif2