Pour la liberté de l'Associatif

Au nom de la « Région Valonée » et avec une belle dose d’humour, le « Miroir vagabond » invite l’associatif à signer un document par lequel il « renonce à la liberté associative, à l’autonomie d’action et à la visée émancipatrice de ses projets ».

La charge est lourde et l’explication jointe définit les contours de l’antagonisme : d’une part des politiques publiques de plus en plus envisagées en terme de rentabilité et d’immédiateté et d’autre part un secteur associatif convaincu qu’une « société en bonne santé mise sur l’émancipation individuelle, la participation citoyenne et le respect du rythme, des choix et des réalités de chacun ».

Et d’ajouter : « la première vision se développe au détriment de la deuxième,… de son ADN ».

Carrefour des Cultures, depuis sa création voici plus de trois lustres, appuie son action sur le triptyque : Citoyenneté, Diversité, Démocratie…. CDD à durées indéterminées et, qui plus est, traversées en continu par la pédagogie interculturelle qui revendique que, du croisement des cultures, jaillit toujours une plus-value.

Par ses colloques, rencontres, publications, essais de structuration large telle que Share, à de nombreuses reprises, Carrefour des Cultures a interpellé les décideurs et le monde associatif face aux dangers des orientations décrétales en Région Wallonne.

Le constat est sans appel : le temps consacré par l’associatif pour, en échange de sa survie financière, simplement rapporter le déroulement de ses actions et justifier de leur utilité dans ce que « Le Miroir vagabond » appelle l’équilibre social, nuit gravement à sa santé…

Sans doute, comme pour les paquets de cigarettes, serait-il utile de généraliser cette mention « nuit gravement à la santé de l’associatif » sur le fatras d’obligations administratives dont est gavé le mouvement associatif et qui l’empêche d’exercer son activité première : tisser du lien social et renforcer la citoyenneté en développant des partenariats de projets qui réunissent des publics diversifiés.

Le secteur associatif n’est pas un agent d’exécution, ni un sous-traitant des pouvoirs publics.

L’associatif est un partenaire autonome dont on reconnaît la valeur intrinsèque, la nécessité dans la recherche d’équilibre – nous dirions d’une justice – sociétal.e, d’une société inclusive dont chacun peut bénéficier suivant ses besoins et à laquelle tout le monde doit contribuer suivant ses capacités. Cette recherche constante n’a pas de prix pour la Démocratie.

Le financement doit garantir la poursuite et le développement de cette mission émancipatrice et non pas enserrer le monde associatif dans le carcan de l’immédiateté ou dans le prétexte de la nécessaire « professionnalisation ».

Carrefour des Cultures s’associe donc pleinement à l’action du « Miroir Vagabond » et vous invite, vous aussi, à rejoindre la campagne qu’il a initiée fort à propos.

 

J.M.Delmotte

 

Le Miroir Vagabond
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miroir vagabond