Une nouvelle année
pour un réveil citoyen

Notre démocratie vacille et notre espace public est déserté. Intellectuels, artistes, corps intermédiaires, cèdent à la logique dominante, et manifestent peu d’enthousiasme et de volonté face à la politique et aux enjeux collectifs. Et pourtant, la démocratie signifie la dignité de l’homme qui œuvre continuellement à sa construction et à son élévation. C’est nous tous qui la bâtissons, en participant à son renforcement, en confrontant nos idées, aspirations, moyens, spécificités.

 

Comment la politique peut-elle convertir l’individu isolé en individu en société, capable d’y amener une participation intelligente et responsable ?

Comment articuler la puissance collective des citoyens avec la liberté individuelle ?

Comment pouvons-nous mettre en mouvance l’universalité de la démocratie ?

Quelles contributions des médias au développement d’une société nourrie d’un esprit qui plaide pour la critique, l’analyse, la volonté, l’initiative, ainsi que le réinvestissement continu de l’espace public ?

Comment construire des espaces de débats pour cette nouvelle citoyenneté en gestation ?

Comment le politique peut-il repenser son action à partir d’un projet et d’une vision de société, tout en intégrant les forces actives de cette dernière ?

Comment les corps intermédiaires pourraient-ils revendiquer leurs droits à une participation active et responsable à la chose publique ?

Comment les citoyens pourraient-ils prendre conscience de leurs rôles et devoirs pour asseoir le pouvoir de la
collectivité ?

Pouvons-nous imaginer des régimes politiques meilleurs que ceux que nous connaissons aujourd’hui ?

 

En somme, nous plaidons pour l’émergence et la multiplication d’acteurs qui, quelles que soient leurs domaines d’activités et organisations, visent les objectifs suivants :

  • Œuvrer pour que la démocratie ne constitue pas un fait conjoncturel et événementiel, mais plutôt une réflexion et une action continue dans le temps et dans l’espace.
  • Œuvrer pour que les sièges gagnés ne servent pas seulement à constituer une majorité, mais aussi à donner force et sens à toute opposition capable de construire l’altrnative.
  • Réhabiliter la chose publique et être les premiers défenseurs du service public, sans lequel la démocratie est la première perdante et les citoyens les premières victimes, en particulier les plus fragilisés d’entre eux.
  • Contribuer à ce que la politique et le pouvoir citoyen prennent le pas sur l’économie, qui ne peut constituer qu’un versant de la chose publique.
  • Offrir plus de visibilité à la politique, en réinvestissant l’espace public – occupé avant tout par le marché, avec la complicité d’une science qui ne se préoccupe plus de l’homme, mais plutôt de déverser technicité et insipidité.
  • Favoriser la connaissance et privilégier la culture comme acteur de transformation continue de la société et de l’individu et lutter contre toute hiérarchisation de la culture, tout en ouvrant l’accès à la connaissance et favoriser l’épanouissement de toutes les couches de la société.
  • Contribuer à ce que tout citoyen veille au développement d’une conscience qui se nourrisse de l’altérité, l’interaction et de la rencontre, ainsi que de l’interaction, et, par là-même, valorise une intelligence collective, seule arme pour déstabiliser l’individualisme arrogant.
  • S’investir dans la démocratie locale de sorte à en faire un laboratoire, un champ d’expériences et d’initiatives, apte à inspirer et à renforcer les bonnes pratiques politiques à tous les niveaux.
  • Contribuer au développement d’une mondialisation qui corresponde à un dépassement des nationalismes, au progrès vers un réel universalisme intégrant toutes les diversités et favorisant leurs métissages et non à une simple généralisation des échanges de marchandises aux profits des plus favorisés.
  • Agir pour que les médias soient à l’écoute de ceux qui demeurent privés du droit à l’expression et à la participation. Et dans le même sens qu’ils cultivent l’ouverture aux initiatives médiatiques citoyennes, tout en assumant jusqu’au bout et sans retenue la liberté rédactionnelle.
  • Œuvrer pour que l’action de l’associatif et des corps intermédiaires en général ne se confinent pas au palliatif et aux prestations de service mais, bien plutôt, se consacrent à l’analyse de tout acte posé, à l’interpellation des consciences individuelles et collectives, à des revendications se nourrissant des besoins et nécessités du bien-être humain.

 

Bonne année