L’éducation permanente :
un défi pour le renouveau démocratique

En effet, malgré ce que de nombreux médias ont voulu faire croire, ces mouvances ne constituent que des illusions d’alternatives, et rassemblent en définitive des personnes portant en fait des discours politiques archaïques et passéistes. De tels renversements, faits d’illusions, de jeux de séduction et de hasard, impliquent qu’un prochain effondrement de ces mouvances pourrait se faire au profit des courants les plus extrêmes et les plus dangereux. En effet, des courants populistes continuent leur progression en Europe. Le communautarisme, au nord comme au sud, le pseudo-nationalisme se proposent comme réponse aux différents dénigrements du marché à l’égard des plus fragilisés : migrants et personnes originaires des migrations, couches sociales précarisées,… Ces menaces semblent donc bien poursuivre leur croissance, mais en lien avec des phénomènes en partie inédits, comme celui évoqué. Concernant d’autres problématiques centrales et lourdes de conséquences, il nous faut malheureusement constater une oppressante continuité, s’accompagnant là aussi, cependant, de certaines nouveautés rarement positives, malheureusement.

Nous pensons en particulier aux conflits et autres difficultés forçant tant de personnes à quitter leurs pays d’origine. Le conflit syrien n’en finit pas de se terminer, et l’accumulation des preuves sur les responsabilités occidentales n’ont pas suscité de vraies remises en question. Le Yémen continue à souffrir dans l’indifférence de la plupart de ceux qui pourraient influer sur la situation – si la rue, avec ses différents versants, progressistes ou réactionnaires, active son imaginaire, scande et déploie un discours à l’égard du réfugié syrien, le Yéménite ne se retrouve que dans la mémoire de l’oubli, sans droit et sans aucune voix.

Par ailleurs, les perturbations climatiques aggravent encore les problèmes écologiques et économiques des pays du sud, déjà si durement frappés – en outre, on constate des sécheresses dans des régions qui, jusqu’il n’y a pas très longtemps, n’étaient pas les plus touchées par ce problème, notamment au Moyen-Orient, là encore. L’Afrique reste globalement la cible de très nombreuses prédations. Les mouvements sources d’espoirs en Amérique du sud semblent peiner fortement à atteindre leurs objectifs, et menacés par un retour au pouvoir des oligarchies.

Problématique liée aux précédentes, nous concernant très directement, et risquant d’alimenter la xénophobie de manière alarmante : celle des « returnees » – et, bien sûr, en lien avec elle, des diverses nouvelles attaques terroristes qui, même si elles étaient heureusement de bien moindre ampleur que lors des dernières années, globalement, ont tout de même ponctué l’année, en Europe.

La culture, dans le verbe et dans l’action, marque des fatigues inconscientes, et propulse un éphémère abrutissant. Elle n’est plus pensée ni comme un moyen de transformation de société ni un outil de dialogue. Les porteurs de l’étendard culturel manifestent une impuissance qui met les uns comme les autres dans une jouissance de l’urgence plutôt que dans une joie d’initiation, d’innovation continue mettant nos rêves humains au centre de toute motivation.

Les mouvements sources d’espoir existent cependant toujours, eux aussi. Mais il faut savoir les conforter, leur donner plus de diffusion et de pratique. Face à l’échéance électorale de l’automne 2018, les acteurs de l’éducation permanente ont un devoir d’interpellation et d’engagement pour la chose publique. Activer des espaces de réflexion, dynamiser les débats de sociétés, lire et cultiver le discours politique, élever l’expression associative dans une parole commune qui plaide la transformation et la justesse de l’action continue. Comme disait Edouard Herriot, on ne peut stabiliser la démocratie que par le mouvement.